Les annexes

Elles doivent constituer un tome à part ou plusieurs fichiers à part numérotés dans l’ordre d’apparition de votre rapport. Autrement dit, chaque annexe, qui s’appellera Annexe.1, puis Annexe.2 etc… sera bien entendu citée dans le rapport.

Dans votre rapport, on pourra donc lire Annexe.1, qui correspondra à un lien hyper texte renvoyant à l’annexe en question. Sur Word, il est très facile de créer des liens hyper textes. Si vous n’y parvenez pas, demandez de l’aide à votre enseignant tuteur.

Qu’est-ce qu’un tome ?

Un atome est un élément dont on disait dans l’antiquité qu’il était insécable. On ne peut pas le couper. TOME signifie COUPE.

A-TOME = insécable

  • Une tomme ou tome de fromage = morceau de fromage
  • Un tome (livre) est un morceau d’œuvre.

Pourquoi à part ?

Les enseignants ont besoin d’ouvrir les annexes en regard du rapport qu’ils sont en train de lire.

Elles doivent être numérotées.

Les annexes portent un numéro en chiffre romain.

Annexe I

Annexe II

Annexe III

Elles doivent être précédées d’un sommaire, c’est-à-dire une page où l’on trouve le numéro des pages des annexes (en chiffre arabe ou indien) si et seulement si elles sont toutes regroupées dans un même fichier

Si vous proposez plusieurs documents annexes, de formats différents, vous pouvez tous les transformer en .pdf et créer un fichier ou document spécial Sommaire des annexes, de ce type (cf ci-dessous)

Voici le début de mes annexes de thèse, parce que ce sont les seules que j’ai trouvées parfaites sur internet 😀

 


	

L’épineuse question des remerciements… quelques réponses !

Les remerciements s’adressent au début du rapport, tandis qu’à l’oral, ils se font en fin d’exposé, et ne doivent pas être écrits sur votre diapositive.

Vous devez remercier les gens les plus proches (tuteurs et aide à la rédaction), avant de remercier les responsables de service, en particulier quand ils ne sont pas amenés à lire votre travail.

Les remerciements à l’écrit dans un rapport

Ils se situent en début de rapport pour éveiller la bienveillance des lecteurs AVANT la lecture.

Ils se situent juste après le SOMMAIRE (qui contient donc la page des remerciements) (pour plus de précisions sur le plan et le sommaire, allez ici)

Ils doivent être sobres et précis : essayez d’exprimer au plus juste ce dont vous êtes reconnaissants.

Les remerciements à l’oral lors d’une soutenance

Ils se situent en fin de soutenance orale pour (r)éveiller la bienveillance des auditeurs AVANT qu’ils ne vous interrogent et ne vous évaluent.

Cependant, ne consacrez pas une diapositive pour écrire « Merci » : il est ridicule et stupide de perdre de l’espace visuel pour écrire « Merci ». Mieux vaut consacrer ce dernier moment à produire une synthèse valorisante de votre travail.

Le rapport (stage ou autre) Pourquoi et comment ?

Le rapport (ou mémoire) de stage (ou de projet) a pour objectif de rapporter votre travail ou vos recherches, d’en rendre compte, soit pour être évalué, soit pour transmettre à d’autres vos résultats. Par conséquent, il doit être compréhensible par le plus grand nombre et ne doit pas relater votre vie…

Prenons connaissance de ses parties dans l’ordre.

1. La page de garde

La page de garde est une page qui permet de garder à l’esprit qui a écrit le rapport ou mémoire, quand, pour quoi et dans quel contexte. Elle peut comporter une image ou un schéma qui rend le travail plus personnel. Elle doit comporter

– le ou les logo(s) de l’établissement universitaire

– le ou les logo(s) de l’entreprise dans laquelle le stagiaire aura effectué son stage, s’il s’agit d’un rapport de stage.

– le titre de votre rapport (votre sujet de stage, parfois en plus court)

– votre prénom et votre NOM (votre PRÉ-nom devance votre NOM)

– le prénom et le NOM de vos enseignants tuteurs et tuteurs d’entreprise.

 2. Le sommaire

Le sommaire représente la somme du contenu du rapport. Il doit être rédigé dans la même police que le reste du rapport. Il ne faut pas le confondre avec le plan.

L’introduction et la conclusion de votre rapport ne doivent pas porter de numéro. En effet, ces deux passages ne sont pas des « parties » à proprement parler ; ni l’introduction ni la conclusion font réellement partie de l’essentiel du travail rapporté ou du raisonnement global abordé dans le stage ; elles doivent au contraire, l’une, introduire les parties constituant le rapport, l’autre, conclure ces parties, c’est pour cela qu’elles sont essentielles malgré tout.

Pensez toujours que vos lecteurs ou auditeurs, parfois, n’écoutent ou ne lisent que l’introduction et la conclusion… il est bon d’avoir cela à l’esprit lorsque vous rédigez ces parties.

Le sommaire doit être généré automatiquement grâce à la fonction « Style et mise en forme » (choisir un niveau de titre pour chaque titre) et « Insertion, Table et Index, Table des matières » (si vous ne savez pas faire, demandez à votre prof-maman ou votre prof-papa préféré…)

 3. Les remerciements

Les remerciements s’adressent au début du rapport, tandis qu’à l’oral, ils se font en fin d’exposé, et ne doivent pas être écrits sur votre diapositive.

Ils se situent en début de rapport pour éveiller la bienveillance des lecteurs avant la lecture.

MAIS ils se situent en fin de soutenance orale pour (r)éveiller la bienveillance des auditeurs avant qu’ils ne vous interrogent et ne vous évaluent.

Vous devez remercier les gens les plus proches (tuteurs et aide à la rédaction), avant de remercier les responsables de service, en particulier quand ils ne sont pas amenés à lire votre travail.

4. L’introduction

À quoi sert-elle ? L’introduction sert, comme son nom l’indique, à introduire, soit présenter, le travail qui va suivre. Elle doit permettre, tel un entonnoir, de guider le lecteur vers le sujet précisément abordé dans le mémoire ou le rapport. Pour remplir cette fonction de guide, elle est généralement composée de 3 mouvements :

– une accroche destinée à interpeller l’attention du lecteur sur un sujet en rapport avec celui du mémoire. L’accroche doit naturellement conduire au thème du rapport ;

– la problématique, généralement énoncée sous la forme d’une question à laquelle le rapport est destiné à répondre ;

– l’annonce du plan, qui propose une première série de réponses synthétiques et globales à la problématique qui précède et qui permet au lecteur de savoir comment l’auteur a organisé sa pensée afin d’y répondre. Vous annoncez de quelles parties se compose votre rapport (et non pas se décompose, comme vous l’écrivez parfois maladroitement).

Dès l’introduction, le lecteur peut donc évaluer les qualités rédactionnelles de l’auteur, sa capacité à situer son travail dans un contexte plus vaste (accroche et thème), à formuler la problématique et à montrer, par l’annonce du plan, que son travail a bien pour objectif de répondre à cette problématique.

L’introduction, même si elle se place en début de rapport, comme son nom l’indique, doit être rédigée à la fin… c’est seulement à la fin de votre travail que vous aurez le recul nécessaire pour pouvoir le présenter.

5. Le développement

  • 3 parties en progression dynamique :

Des études montrent depuis environ 2500 ans que le cerveau humain retient particulièrement bien un raisonnement en trois étapes. Une étape de stabilisation (contexte / explication), une étape de nœud (le cœur de votre travail, la partie la plus intéressante et la plus difficile, celle où vous montrez que le problème est épineux) et l’étape de résolution ou de dénouement (vous apportez des solutions ou un dépassement du problème, vous montrez que vous êtes capable de prendre du recul).

  • des titres explicites

Vos titres doivent exprimer et résumer le contenu de chaque partie, sous la forme d’une phrase ou d’un groupe nominal.

Si les titres sont « présentation du sujet / hypothèses de solution / solutions définitives », ils sont trop vagues et ne conviennent par conséquent pas à votre rapport en particulier.

La forme syntaxique des titres doit être homogène de part en part du rapport : si vous choisissez des groupes nominaux, il faut conserver des groupes nominaux. Idem pour les autres formes.

6. La conclusion

À quoi sert-elle ?

La conclusion doit comporter un bilan professionnel et un bilan personnel. Avec l’expérience, peut-être cette partie se nommera Bilan. N’oubliez pas de terminer par les points positifs que vous avez à apporter.

Elle doit être rédigée dans la foulée du développement. Vous savez alors à ce moment sur quels points vous souhaitez vous attarder et quels éléments de votre travail vous voulez mettre en valeur.

Pensez qu’il s’agit de la dernière occasion de défendre votre travail et envisagez la possibilité que le lecteur ne lise que l’introduction et la conclusion. Il est donc très important de soigner ces parties.

 

Plan et sommaire : à ne pas confondre !

Les 7 commandements du PLAN

(ou la stratégie de communication, l’organisation de votre pensée)

  • Il peut se comprendre comme un plan d’attaque, une stratégie.
  • Il répond à la problématique, qui est souvent une question.
  • Il présente le fil conducteur de votre raisonnement.
  • Il doit montrer votre esprit de synthèse.
  • Sa formulation (même au brouillon) doit être homogène (soit des verbes, soit des groupes nominaux, mais pas un mélange des deux).
  • Sa formulation doit être précise (évitez les titres « fourre-tout » du type : projet, objectifs, résultats : si les titres conviennent à tout rapport, ils ne conviennent à aucun…)
  • Le plan ne doit pas dépasser 3 parties : imaginez que vous vous apprêtez à raconter quelque chose à quelqu’un. Vous n’allez pas énumérer d’abord toutes les parties de ce que vous comptez lui raconter ; vous allez au contraire tâcher d’être synthétique et de présenter l’ensemble en deux, trois, maximum quatre points…

Le plan peut se concevoir ainsi :

  1. Les FAITS (ce qui est établi, donné, l’entreprise, le matériel, le contexte)
  2. Les MÉFAITS (ou plus exactement les problèmes, ce à quoi il va falloir trouver une solution. Montrer en quoi c’est épineux et difficile, rappelez-vous qu’à vaincre sans péril, on triomphe sans gloire… mais tout n’est qu’une histoire de communication…)
  3. Les PARFAITS (c’est-à-dire vos solutions, vos résultats…)

Soigner vos titres ! Pas de fourre-tout ! Pas de valise ! mais de la précision !!

LE SOMMAIRE EST DANS UN RAPPORT !

Le sommaire représente la somme du contenu du rapport. Il doit être rédigé dans la même police que le reste du rapport. Il ne faut pas le confondre avec le plan.

L’introduction et la conclusion de votre rapport ne doivent pas porter de numéro. En effet, ces deux passages ne sont pas des « parties » à proprement parler ; ni l’introduction ni la conclusion font réellement partie de l’essentiel du travail rapporté ou du raisonnement global abordé dans le stage ; elles doivent au contraire, l’une, introduire les parties constituant le rapport, l’autre, conclure ces parties, c’est pour cela qu’elles sont essentielles malgré tout.

Pensez toujours que vos lecteurs ou auditeurs, parfois, n’écoutent ou ne lisent que l’introduction et la conclusion… il est bon d’avoir cela à l’esprit lorsque vous rédigez ces parties.

Le sommaire doit être généré automatiquement grâce à la fonction « Style et mise en forme » (choisir un niveau de titre pour chaque titre) et « Insertion, Table et Index, Table des matières ». (si vous ne savez pas faire, demandez à votre enseignant préféré le plus sympathique… et s’il ne sait pas faire, moquez-vous…)

LE PLAN EST DANS UN DIAPORAMA !

On lui consacre même une diapositive spécifique et obligatoire qui suit la ou les diapositives proprement introductives.

Vous présenterez donc votre plan (qui n’est pas un sommaire, donc n’écrivez pas bêtement « sommaire » sur cette page) qui propose les réponses à la question que vous venez de poser en problématique (c’est souvent votre sujet). Cette diapositive doit exposer en 3 (ou 4 points) votre travail sous la forme cohérente de groupes nominaux, phrases courtes, questions ou autres (mais pas un mélange de tout).

Faites en sorte que l’on y perçoive rapidement votre raisonnement global.

Les fautes fréquentes… jetez y un œil !

Quelles questions puis-je me poser ?

a) Syntaxe (la phrase quoi…)

Est-ce que chacun de mes verbes est précédé d’un sujet ?

Est-ce que CE QUE je crois être une phrase comporte bien un verbe et un sujet ?

Est-ce que cette unité a vraiment un sens ?

Mes phrases ne sont-elles pas trop longues ?

Ne puis-je pas reformuler ce pavé indigeste par une énumération logique ?

Ne puis-je pas remplacer le verbe FAIRE fourre-tout (répugnant…) par un vrai verbe :  « je vais vous faire une présentation… » deviendrait « Je vais présenter » (inutile d’écrire VOUS)

Pensez donc à séparer par des virgules vos compléments circonstanciels :

« Après avoir réalisé la FAO, on génère le programme que l’on convertit au format ISO. »

Pour le placement des virgules, relisez votre rapport à voix haute.

ET & AUSSI :

ATTENTION / On ne commence pas une phrase par ET, encore moins par AUSSI.

(AUSSI en début de phrase requiert (= exige, demande) une inversion du sujet et du verbe et signifie « par conséquent»)

Et ma mamie est arrivée. Aussi elle avait un panier de bonbons.

NON !!!!!! écrivez plutôt (mais pas dans votre rapport ;) 

Ma grand-mère est arrivée et portait un panier de bonbons.

 

b) Grammaire : 

Commencez par vérifier l’orthographe des sons en é :

  • les verbes et les participes passés:
    • été ou était ? penser ou pensé ? attention à créer : il crée mais il a été créé / elle a été créée.
  • Les pluriels et les féminins (noms et adjectifs)
  • Confusion entre a et à

Employez un lexique précis

(= plus efficace et persuasif) digne d’un « scientifique »… ne restez pas dans le flou. Remplacez : (utilisez la fonction Word « remplacer »)

Faire par exécuter, produire, effectuer, accomplir, agir, procéder, fabriquer, pratiquer

Il faut par il est nécessaire, indispensable, utile, important

Ceci a des avantages par ceci présente des avantages.

« Nous avons eu des problèmes, des difficultés » par « nous avons rencontré des problèmes ».

« Nous avons bénéficié d’aides. Nous avons obtenu des résultats. »

Quelques exemples de fautes courantes :

(utilisez la fonction Word « remplacer »)

Expressions courantes :

« En fait, » est suivi d’une virgule et ne prend pas de E. (comme « le fait de »)

« faire partie de » prend un E ; prendre « le parti de » n’en prend pas : pour une fois, c’est logique !!

« tout d’abord, » est suivi d’une virgule et s’écrit comme ça… et pas autrement.

Orthographe

« Arrête » signifie « cesse » (du verbe arrêter)

Arête d’une figure ou d’un poisson ne prend qu’un R.

Châssis

Dysfonctionnement

Cotes, cotations et dimensionnements (et non la côte, dure, que vous monterez sûrement si vous parvenez un jour à vous exprimer parfaitement !…)

L’envie prend un E (sauf en poésie du XVIIème siècle)

Si le besoin s’en fait sentir (et non sans fait)

L’entretien ne prend que deux T… mais au milieu.

VOIRE prend un E dans les expressions « je ne t’aime pas, voire je te hais. »

On écrit peaufiner (qui affine la peau, qui fait la peau fine, telle est l’origine de l’expression)

A fortiori, a posteriori, a priori

et encore…

Un envoi et il envoiE

Un emploi et il emploiE

Un essai et il essaiE

Un travail et il travaiLLE

J’ai dû prend toujours un accent circonflexe pour être facilement distingué de « du lard ou du cochon »… la preuve, une fois accordé, due, dus, dues perd son chapeau…

 

AJOUTEZ en commentaire VOS PROPRES NOTES concernant vos propres fautes !! Et ne parlez plus comme une vache espagnole…

L’introduction

À quoi sert-elle ? L’introduction sert, comme son nom l’indique, à introduire, soit présenter, le travail qui va suivre. Il est donc inutile d’introduire l’introduction… sous peine de passer pour un psychopathe maniaque…

Elle doit permettre, tel un entonnoir, de guider le lecteur vers le sujet précisément abordé dans le rapport ou la soutenance, à l’écrit comme à l’oral. Pour remplir cette fonction de guide, elle est généralement composée de 3 mouvements :

– une accroche destinée à interpeller l’attention du lecteur sur un sujet en rapport avec celui du mémoire. L’accroche doit naturellement conduire au thème du rapport ;

– la problématique, généralement énoncée sous la forme d’une question à laquelle le rapport est destiné à répondre ;

l’annonce du plan, qui propose une première série de réponses synthétiques et globales à la problématique qui précède et qui permet au lecteur de savoir comment l’auteur a organisé sa pensée afin d’y répondre. Vous annoncez de quelles parties se compose votre rapport (et non pas se décompose, comme vous l’écrivez ou le dites parfois maladroitement).

Bon à savoir…

JUGÉ EN UN CLIC !!! Il ne faut que quelques lignes ou quelques minutes au lecteur ou à l’auditeur pour se faire une idée du travail de l’étudiant et le juger… Vous avez la même attitude envers un youtubeur ou, tout simplement, quelqu’un qui s’adresse à vous.

Dès l’intro, le lecteur ou l’auditeur va donc juger des qualités rédactionnelles ou organisationnelles de l’auteur, sa capacité à situer son travail dans un contexte plus vaste (accroche et thème), à formuler la problématique et à montrer, par l’annonce du plan, que son travail a bien pour objectif de répondre à cette problématique : c’est par conséquent le moment de montrer le fil conducteur de votre travail ! de montrer que vous êtes cohérent ! 🙂

RÉDIGÉE À LA FIN, mais placée au début, bien sûr. L’introduction, même si elle se place en début de rapport, comme son nom l’indique, doit être rédigée à la fin… c’est seulement à la fin de votre travail que vous aurez le recul nécessaire pour pouvoir le présenter.

À L’ORAL et pour les soutenances de STAGE : mieux vaut présenter l’entreprise dès l’introduction, en guise d’accroche (pourquoi pas ?) de façon à laisser toute la place nécessaire au déroulement de votre travail. Je vous conseille fortement d’accrocher votre public avec un objet issu de votre travail.

Écrit-on ou non le titre « Introduction » ?

OUI À L’ÉCRIT, OUI SUR LE RAPPORT : Le lecteur est seul avec votre rapport, il doit trouver l’introduction qui se trouve sur une page à part et qui porte le titre « introduction ».

– NON À L’ORAL, NON SUR LE DIAPORAMA : Dès que vous parlez, vous êtes dans l’introduction ; en fait, vous ÊTES l’introduction, vous mimez l’accroche ! Il est inutile de préciser que vous allez « faire l’introduction » comme il est inutile de préciser que vous allez « dire bonjour ».

Normes et bureautique (rapport & diaporama)

 

Ces normes ne proviennent pas du caprice de Mme Pille, elles sont issues des exigences universitaires nationales.

LE RAPPORT

Mise en page générale

– Numéroter toutes les pages (sauf la page de garde)

– Utiliser la fonction « Saut de page » pour changer de page (menu « Insertion »)
– Justifier tous les paragraphes (aligner sur la gauche comme sur la droite) avec la fonction « Justifier le texte » prévue par les outils de mise en forme.

 

Police et ponctuation

– Choisir et conserver une police identique pour tout le document (Times ou Calibri), taille 12 pour le corps du texte, 14 ou 16 pour les titres.

– Espacer les mots par UNE espace[1], et non pas deux ou trois.

– Ne pas négliger la ponctuation : les points, les virgules et les points de suspension (…) ne sont pas PRECEDES d’une espace mais sont SUIVIS d’une espace. Les deux points, le point virgule, le point d’exclamation et le point d’interrogation sont précédés et suivis d’une espace. Les parenthèses sont précédées d’une espace à l’ouverture seulement et suivies d’une espace à la fermeture (sauf si elles sont directement suivies d’un point).

– Espacer les paragraphes de 1,5. Le retrait (ou alinéa) n’est plus obligatoire.

Les titres

– Si vous souhaitez centrer les titres, le faire avec la fonction « Centrer le texte » prévue par les outils de mises en forme (et non pas avec des flèches ou la barre d’espacement).

– Utiliser la taille 14 ou 16, en gras (Bold). Le soulignement des titres n’est plus obligatoire.

Ne laisser aucun titre en bas de page.

LE DIAPORAMA

  • Numéroter toutes les pages : cela permet au public de revenir rapidement sur un passage, un schéma, un tableau etc.
  • Inscrire votre NOM ou votre Prénom NOM ou votre adresse mail (si et seulement si elle permet la lecture aisée de votre Prénom NOM) : l’auditoire doit pouvoir retrouver votre nom, voire le moyen de vous joindre, surtout en entreprise.
  • Utiliser une Police sans serif (Arial ou Calibri)
  • Ne pas descendre en deçà de 18 – y compris pour les tableaux et schémas -c’est illisible.

 

 

 

 

 

  • Ne pas écrire trop de texte : privilégiez les mots clés et les expressions courtes. N’écrivez aucune phrase !

Pour en savoir davantage sur le rapport et le diaporama, n’oubliez pas d’aller voir :

[1] Une espace est, en typographie, un caractère particulier qui permet d’insérer un espacement blanc dans le texte. L’espace sert le plus souvent de séparateur de mots. Une espace est souvent appelée un blanc. (Wikipedia, Espace (typographie) https://fr.wikipedia.org/wiki/Espace_(typographie))

Masculin par défaut, féminin par qualité [1/3]


Partie [1/2] Cinglons des mouches !

 Le masculin est le grand oublié de la langue française !

Le masculin ne l’emporte pas sur le féminin… Le masculin, c’est par défaut qu’il l’est !

A vrai dire, quand il y a un homme, c’est flou ! Un seul homme dans un groupe, et tous les sexes disparaissent. Mais le sien n’apparaît jamais ! Regardons plutôt…

Cet homme est achevé, il n’est pas aimé.

É est la marque du participe.

Si c’était la marque du masculin, alors ÉE serait la marque d’un masculin doté d’un E ; le féminin serait le masculin et un supplément… d’âme… féminine ?

Où est la marque de l’homme ? C’est l’absence de marque qui nous indique que c’est un homme. C’est un homme… par défaut !

Où sont les hommes ? Le masculin brille par son absence.

N’est-ce pas un scandaleux procès d’intention que véhicule la langue depuis quelques siècles que nous ne parlons plus latin ?

Cette femme est heureuse.

Là oui, on sait que c’est une femme : la langue s’allonge pour saisir le féminin : –se !

Je propose donc, pour une totale égalité, qu’on rajoute un signe ressemblant à ce qui les distingue de nous, le dessin d’un sexe masculin : o!o

Cet homme est achevéo!o, il n’est pas aiméo!o. Cette femme est aimée.

Chacun sa marque. Jusqu’ici tout va bien, mais…

Il y a des gens cinglés.

Là, on ne sait pas s’il n’y a des hommes ! Et si quelques femmes se cachaient là-dedans ? En tout cas, ils sont plusieurs.

Nous pourrions donc avoir 3 écritures sans ambiguïté :

Il y a des gens cinglé-e-o!o- s. (des femmes et des hommes le sont)

Il y a des gens cinglé-e-s. (des femmes le sont)

Il y a des gens cinglé-o!o-s. (des hommes le sont)

 On sait qu’il y a des hommes et des femmes.

Oui, mais combien ? Peut-être les hommes cinglés sont-ils plus nombreux que les femmes ? Peut-être sont-elles en minorité ? Il faudrait le préciser :

Ecrivons leur nombre :

Il y a des gens cinglé-5e-3o!o-s

 Zut, il y a plus de femmes. En outre, Robert, qui est un gros masculiniste, a une couille plus grosse que l’autre et il tient à ce que ça se sache. Mais c’est le seul. Celui qui a trois couilles préfère que cela n’apparaisse pas dans l’écriture. Et ma foidéfaillante, il a droit à cette discrétion. Ce qui donne :

Il y a des gens cinglé-5e-2o!o+1o!O-s

Toutefois, il nous reste un problème d’interprétation : Cingler, c’est au sens figuré qui veut dire « fou » ou au sens propre qui veut dire « frappé » avec des ceintures, des baguettes ou des… verges ?

On peut le préciser avec un pr pour propre et fig pour figuré. Pas de problème.

Il y a des gens cinglépr-5e-2o!o+1o!O-s

 Oh, mais je ne l’avais pas vu ! IL Y A pire : IL Y A « il y a » !! et « il nous reste », et « Il faut »… pourquoi cet impersonnel usurpe-t-il le « Il » en principe masculin ? Le masculin est-il l’égal de l’impersonnel ? Du flou ? De l’indéterminé ? C’était déjà masculin par défaut… voilà que c’est rien ou masculin ou neutre ou impersonnel ou indéterminé… tout ceci étant considéré comme équivalent… le masculin est noyé. Corrigeons :

Je propose que IL l’indéterminé soit marqué d’un phallus barré ilo!o tandis que Ilo!o sera la marque de IL=garçon. Oui, on peut lire Lolo… ce qui n’est pas hyper viril.

Ilo!o y a des gens cinglépr-5e-2o!o+1o!O-s

La suite sans rire 

Masculin par défaut, féminin par qualité [2/3]

Partie [2/2] : Soyons un peu sérieux… ou : si l’on veut cesser de cingler des mouches…

 

  1. D’où vient cette absence de masculin ?

Un peu d’étymologie et quelques nouvelles des peuplades ancienne-o!o-s (oui car elles étaient constituée-o!o-s d’hommes aussi…)

La forme « aimé » vient du latin amatus (où le masculin -us est bien visible) ou amata (où le -a féminin est bien visible). Il existe même le neutre amatum, où le neutre en -um est bien visible.

La finale (-us ou –a ou -um) est tombée avec le temps et c’est amat– seul qui a donné aimé.

Aimé n’est donc pas vraiment la forme du masculin à proprement parler… c’est la forme du participe passé. Elle n’indique le masculin que par défaut du féminin : comme nous ne marquons pas le masculin, c’est masculin par défaut.

On va m’objecter que –us, c’est deux lettres tandis que -a, c’en n’est qu’une ? Que -ος en grec, c’est également deux lettres tandis que -η ou – α n’en sont qu’une. Mais il s’agissait souvent de voyelles dites longues, comptant ainsi deux temps. En outre, cette finale du féminin a une très longue histoire, bien plus longue que la finale du masculin, tellement brève que d’ailleurs, elle a disparu, comme nous l’avons noté.

Dans les langues anciennes comme le latin, le grec ou le sanskrit, où tout est détaillé et précisé, sans équivoque, genre, nombre, cas… où l’on accorde parfois avec le nom le plus proche, l’on peut cependant rappeler à notre souvenir la place des hommes… omnipotents, omniprésents, qui avaient droit de vie et de mort sur leur épouse et leurs enfants etc.

Dans la langue chinoise, « elle » et « il » se disent tous deux ! Parfaite égalité. Ils s’écrivent différemment cependant : le signe pour tâ 她 « femme » comporte deux signes « humain-féminin », le signe pour 他 « homme » contient « humain-masculin » ! Parfaite égalité. Mieux ! Le fameux « bonjour » chinois nihaô nǐ 你hǎo 好inscrit le signe féminin dans le dessin  » beau, bon »… « Bonjour » évoque le bien fait féminin. On aurait donc pu imaginer qu’à force de désigner indifféremment par des femmes et des hommes, les locuteurs chinois auraient acquis par conditionnement une parfaite vision égalitaire des sexes. Voire une légère préférence pour les femmes, sculptée qu’elle serait par l’image du féminin toujours positif dans le « bonjour » répété quotidiennement… Qu’en est-il réellement des femmes dans la société chinoise ?

Y a-t-il vraiment un lien à cet endroit de la langue, entre la langue et la pensée, le fonctionnement de la société ?

  1. Les formes dites féminines…

Que veut dire « femme » ? d’où vient ce mot ? Il signifie littéralement « qui allaite » (racine indo-européenne *dhe-). Or, aujourd’hui, n’est pas non-femme qui n’allaite pas… une telle signification explicite au vu et su de tous serait scandaleuse ! Heureusement, tout le monde ou presque a oublié l’étymologie de « femme ». Cependant, au nom de ce passé, doit-on s’appeler « humaine » ? Par souci de stricte égalité ? Ou doit-on envisager la possibilité de l’oubli de cette première signification… et que le signe désormais passé en langue ne véhicule plus vraiment l’idéologie qui s’y accollait jadis ?

N’oublions pas dans notre grande générosité que vir, qui signifie « homme » en latin au sens sexué du terme, et qui a donné viril en français, implique la notion de force. Autrement dit, les faiblards sont bannis du genre. Est-ce là aussi bien juste ? Parlons des couillus, justement.

Les langues véhiculent des idéaux. Quand elles véhiculent des tabous ou des formes de dénigrements, ça saute aux yeux. Par exemple, un couillon est un imbécile. Ça vient de « couille », qui sont de petites sacoches[1] tandis que « testicules » sont les témoins (testis). Témoin de quoi ? de la virginité. Cela conduit certains chercheurs à supposer que coexistèrent dans l’antiquité deux formes d’une même langue, celle des femmes et celle des hommes. Pour les femmes grecques, la couille est une ὄρχις, « ce qui est distant », voire « ce qui pendouille » (*or-ghi, *er- « être relâché, être distant ») – on le retrouve dans orchidée. Suivant la même hypothèse, en grec, le sein μαζός (mazos) ou μαστός (mastos) aurait été créé du point de vue de la femme, la mère nourrice tandis que les hommes le désignent du nom de στηνίον (stênion) ou στῆθος (stêthos, que l’on retrouve dans stethoscope) qui signifient « gonflement »…[2]

Dans son article « Les catégories du genre et les conceptions indo-européennes », Meillet remarque que les langues indo-européennes distinguaient un genre animé d’un genre inanimé – et c’est tout ! Par la suite, dans le déploiement de ces catégories animé / inanimé, on note que bien souvent, l’animé est devenu féminin. Par exemple, udan désigne l’eau en tant qu’élément physique tandis que le mot âpah « eau » en sanskrit renvoie à l’eau en tant qu’élément divin, magique. La nature sacrée, le féminin créateur etc.

Pour nous faire encore plaisir à nous, les femmes… notons également que les noms d’action (indo-européen en -ti) sont pour la plupart dès l’origine des noms féminins. Les femmes portent en leurs noms la création, la procréation, l’ajout / le supplément (uxor « épouse » en latin [3]) ou le nourrissage, ainsi que l’action… ce qui est loin d’être dévalorisant dans une société de chasseurs-cueilleurs telle qu’elle dut être durant des millénaires… ce qui était bien plus essentiel à la survie que d’aller faire le guignol en assemblée ou de se coller des plumes dans les poils pour faire le paon.

Dans notre monde – heureusement souvent profane, nous nous offusquons de la portée symbolique d’éléments hérités de l’histoire de notre langue en oubliant son histoire et comment elle s’est formée.

Or, il peut être bon de garder une trace de ce passé sexiste, c’est-à-dire où chacun avait un rôle assigné selon son sexe et d’avoir à l’œil ce témoignage pour ne pas oublier d’où nous venons et pour éviter d’y retourner !

  1. Un peu d’explication sur l’écriture

Une chose est la langue, une autre est son écriture. Or, dans ce domaine, personne n’a jamais fait compliqué quand on peut faire simple.

Les choix d’écriture de nos langues ont répondu à ce besoin de simplification et de rapidité. Le devanagari, qui a permis de noter le sanskrit, avait occulté les voyelles dans ses premières formes, tout comme l’écriture de l’hébreu ou de l’arabe. C’est à cause des risques de confusion pour interpréter les textes religieux que l’on a cherché le moyen de les faire apparaître.

En français moderne, c’est l’appendice masculin qui a sauté (désolée messieurs) : soit c’est féminin et on note, soit c’est masculin et on ne le précise pas. Pourtant, s’il y a une langue qui aime conserver des traces et des traces (et les TH et les PH), c’est bien le français !! Alors quid du phallus ?

 

Conclusion

On ne peut pas modifier une langue par décret. On peut obliger des enfants à l’écrire de telle ou telle façon, mais ils rencontrent déjà de grandes difficultés dans cet apprentissage. Quand on voit émerger les systèmes d’abréviation… les sms… on constate que les locuteurs souhaitent par dessus tout aller vite en laissant le soin au contexte de décrypter les ambiguïtés.

On peut en revanche obliger à voter des lois qui garantissent l’égalité des hommes et des femmes devant la loi, devant leurs droits et leurs devoirs.

La politesse et le respect ne résident pas dans ces écritures hésitantes et compliquées de l’identité sexuelle. Il paraît qu’on a plein de sexes d’ailleurs… comment les représenter tous ?

C’est le vœu fou de faire correspondre exactement le signe et le signifié… ce qui est un doux rêve absurde.

 

[1] « Couille » vient de l’occitan colha, provenant du latin coleus (culleus) « bourse, petit sac ».

[2] Revue des études arméniennes, 1984, pp. 317-325, Le langage des femmes en indo-européen d’après les isoglosses arméniennes, grecques et albanaises, de Knobloch,

[3] Revue philologique, LVII, 1983, pp.13-19, Une hypothèse sur uxor, Pierre Flobert.

Pour mémoire, mon mémoire de DEA sur la racine *Gen (engendrer) et les racines liées à la famille ici.

Quelques extraits de lectures recueillis par Lidia Lebas sur la collaboration essentielle au développement humain…

Ces extraits contribuent à défendre l’idée, développée notamment par Albert Jacquard, selon laquelle les humains se sont développés grâce à la collaboration plutôt qu’à la compétition.

François Flahault, « Pour une conception renouvelée du bien commun », revue Études, juin 2013.

Aristote : En dehors de toute société, l’homme n’est pas un homme.

Les différentes recherches scientifiques (en primatologie, en paléoanthropologie et en psychologie du développement) aboutissent à la même conclusion : l’état de nature de l’homme c’est l’état social. Confirmation des idées d’Aristote et de Thomas d’Aquin, ainsi que celles de la plupart des cultures non occidentales.

C’est seulement dans un cadre de coexistence socialisée que le nouveau-né peut trouver sa place en tant qu’être humain. Le fait d’être à plusieurs, de coexister, précède l’existence de soi.

La société étant logiquement antérieure à ses membres, il existe un lien entre le bien de chacun et le bien commun. L’une des fonctions du politique est donc de favoriser les relations humaines.

Les idées propagées par les économistes « mainstream » contemporains (ex. Hayek et Friedman) sont conformes à la conception de l’homme et de la société occidentalocentrée, diffusée par les Lumières.

Premier présupposé : les hommes sont des individus auto-existants, logiquement antérieurs à la société. La notion chrétienne d’âme, en se sécularisant, est devenue le self, support et assurance d’être dont chacun jouit de manière innée. Une telle conception de l’être humain conduit à souligner la valeur des droits individuels, qui à leur tour la renforce. Une telle anthropologie s’accompagne logiquement d’une conception utilitariste de la société.

Second présupposé : le désir humain n’est pas problématique ; son déploiement ne tend pas à s’effectuer aux dépens des autres. Il n’y a pas à redouter l’illimitation du désir : sur la base de l’intérêt bien compris se développent nécessairement des relations humaines harmonieuses.

Les institutions, la culture (au sens anthropologique du terme) et la société marchande ont pour fonction, selon cette vision, de répondre aux besoins et aux désirs ; elles n’ont pas à les gérer et à les contenir.

Selon François Flahault, contrairement au premier présupposé, le processus grâce auquel on devient soi et celui par lequel on apprend à être avec les autres ne sont pas deux processus distincts et séparés. Il s’agit d’un seul et même processus. Les modalités d’interaction relationnelles au fil desquelles l’enfant se socialise sont également celles au gré desquelles se constitue sa personne et son sentiment d’exister.

Et contrairement au second présupposé, le désir d’exister, comme Aristote l’avait déjà souligné, est illimité. Cette illimitation va à l’encontre de la coexistence et de la nécessaire limitation que celle-ci implique. Et puisque le fait d’être avec les autres est constitutif de l’existence même de chacun, l’illimitation produit des effets déshumanisants et destructeurs. Ce qui fait que notre humanité ne vient pas uniquement de l’intérieur de nous, mais aussi de ce qui nous maintient dans un cadre de coexistence, de ce qui, en limitant l’expansion de notre désir d’exister, nous permet d’avoir une place parmi les autres.

Michael Tomasello, A Natural History of Human Thinking, Cambridge, Massachusetts, London, England: Harvard University Press, 2014.

Les résultats des recherches comparant les humains (en observant notamment le comportement de jeunes enfants) et les grands singes, menées depuis une vingtaine d’année, confirment que l’interaction sociale coopérative est la clé de la spécificité cognitive de l’espèce humaine. Une fois que nos ancêtres ont réussi à réunir leurs esprits pour poursuivre des buts communs, l’espèce humaine s’est mise sur sa propre voie d’évolution.

Selon Tomasello, nos ancêtre pré-humains, comme les grands singes d’aujourd’hui, étaient des êtres sociaux qui pouvaient résoudre des problèmes grâce à la pensée. Mais ils étaient presque entièrement compétitifs, poursuivant uniquement des buts individuels. Les changements écologiques les ont forcés à trouver des fonctionnements plus coopératifs, en obligeant les premiers humains à coordonner leurs actions et à communiquer leurs idées à leurs partenaires collaboratifs. L’hypothèse d’« intentionnalité partagée » de Tomassello, permet de concevoir la façon dont ces formes de vie plus complexes socialement ont conduit au développement d’une forme de pensée plus complexe conceptuellement. Afin de survivre, les humains ont appris à envisager le monde selon les perspectives multiples (en devenant donc capable de prendre en compte le point de vue d’autrui) et à ajuster leur propre pensée aux standards normatifs du groupe. Le langage et la culture eux-mêmes qui ont surgi du besoin préexistant de coopérer.

Bernard Victorri, Homo narrans : le rôle de la narration dans l’émergence du langage, Langages, n°146, 2002, pp. 112-125.

Le système de communication des hominidés se serait développé par étapes. Les hominidés qui nous ont précédés étaient dotés d’un protolangage, qui était un système de communication plus rudimentaire que le langage proprement dit, servant à communiquer uniquement sur la réalité sensible immédiate, sans rendre possible l’évocation d’événements passés ou imaginaires.

Le passage du protolangage au langage aurait été déclenché par l’émergence d’une nouvelle fonction de communication : la fonction narrative, qui a surgi du besoin de raconter des événements passés. Afin de pouvoir remplir cette fonction, le système de communication de nos ancêtres a dû se complexifier progressivement en se dotant de nouvelles propriétés syntaxiques et sémantiques.

Le contexte de l’apparition de la fonction narrative a été celui d’une dérégulation sociale. Cette dérégulation s’est produite à la suite de l’évolution des hominidés résultant dans l’augmentation de leur intelligence, et entraînant par là même la disparition des instincts biologiques qui permettaient de réguler les comportements agressifs au sein du groupe. [On peut faire le lien avec le « changement écologique » mentionné, par Tomasello.] Cela a fini par mettre en péril la survie de l’espèce, du fait que, en agissant « intelligemment » pour se protéger de rivaux, des individus n’hésitaient pas à s’entretuer, en provoquant la propagation de la violence au sein du groupe. Pour compenser la perte de contraintes biologiques, et pour se protéger, notre espèce a réussi à développer des contraintes sociales, consistant dans des interdits explicites. Cela a été accompli grâce à la narration et à sa ritualisation, permettant aux membres du groupe de se remémorer collectivement des événements dramatiques passés et leurs conséquences désastreuses, en créant ainsi la régulation sociale, via la pression du groupe, des comportements individuels. [Ainsi, on retrouve le facteur « coopératif » et « social » dans cette hypothèse : les humains ont dû coopérer, en se laissant influencer les uns par les autres, pour défendre leur intérêt commun, au détriment des intérêts individuels responsables de comportements menaçant l’intérêt commun.]