Éviction des femmes (Christa Wolf)

ADN-ZB Rehfeld 27.10.1989 Berlin: Die Schriftstellerin Christa Wolf, wurde 1929 in Landsberg-Warthe (heute Polen), geboren. Sie studierte von 1949-1953 Germanistik in Jena und Leipzig. Anschließend war sie als Redakteurin, wissenschaftliche Mitarbeitern, Lektorin und Cheflektorin tätig. Seit 1962 arbeitet Christa Wolf als freischaffende Schriftstellerin. Aus ihrer Feder erschien u.a. die Bücher "Der geteilte Himmel", "Kindheitsmuster", "Kassandra", "Störfall" und "Sommerstück".

Les femmes sont évincées

À la misogynie parfois ignorée d’Aristote : « Par exemple le caractère est bon quand un homme possède de la bravoure ; pour une femme, en revanche, il ne convient généralement pas qu’elle soit brave et virile, ou même qu’elle inspire la crainte », Christa WOLF répond dans Cassandre (Stock, 1983-2003, p.216) « Inspire la crainte ? Mais à qui donc ? – à l’homme ? Qui lui a confisqué toute éducation, toute activité publique, et bien entendu le droit de vote ? C’est justement à cause de cela. Notre propre expérience nous a appris en tout lieu de craindre ce qu’on exclut et bannit. » : « L’histoire de l’archéologie, elle aussi, jusque tard dans notre siècle, pourrait être racontée comme une épopée masculine, du moins d’après la version qu’en ont donné ses protagonistes. » (Wolf, Cassandre, Stock, 1983-2003, p.87)

Le christianisme et le capitalisme réintègrent les femmes, mais pour quoi faire ?

Christa WOLF (Cassandre, Stock, 1983-2003, p. 174) met en garde contre le retour du christianisme et son lien avec le capitalisme, via la subordination des femmes… à méditer : « ces temps-ci, mon travail a alimenté ces réticences parce que j’ai pris conscience du rôle d’esclave qu’on a attribué pendant des siècles à la femme dans les religions sémito-chrétiennes ; et que ce furent justement ces religions qui fournissent l’arrière-plan idéologique utilisable pour cette discipline, cette ardeur au travail, cette subordination et cette négation de soi-même dont avait besoin le système des manufactures et des usines, le capitalisme naissant. »

Elle émet tout de même des réserves contre les excès des féministes (Cassandre, Stock, 1983-2003, p.186) : « Il n’empêche que nous ne serons pas plus proches de la maturité si le délire de la masculinité est remplacé par le délire de la féminité et si les acquis de la pensée rationnelle, pour la seule raison qu’ils sont d’origine masculine, sont jetés aux orties par les femmes au profit d’une idéalisation des étapes prérationnelles de l’histoire humaine. La tribu, le clan, le sang et le sol : ce ne sont pas avec ces valeurs-là que peuvent renouer l’homme et la femme d’aujourd’hui ; nous sommes bien placés pour savoir qu’au contraire ces slogans peuvent servir de prétextes à d’abominables régressions. »

(merci Danielle et Marie-Aude auxquelles cet article est dédicacé)

La vérité sous le voile

Plus Homo sapiens tu meurs… Homo sapiens que nous sommes, toujours motivés par le goût d’en voir plus et d’en savoir plus, toujours motivés par l’envie d’avoir raison et de convaincre… bonjour !

Je souhaite répondre ici à certains arguments qui ont défendu le port du voile et sa compatibilité avec le combat féministe en occident. Et je pèse mes mots : en occident. Car, nous le savons, dans d’autres pays, être féministe revient à se battre pour travailler, hériter et voter – alors à ce stade, peu importe voile ou pas voile. D’ailleurs, nos arrière-grands-mères portaient des espèces de fichues et ne sortaient jamais en cheveux ! Il faudrait donc admettre la prééminence du hic et nunc, c’est-à-dire, que les événements sont constituants d’une époque et d’un lieu, et qu’ils sont tout à fait contextuels. Parce qu’en effet, il s’agit bien d’une histoire d »occident. Et il s’agit bien du port du voile en occident.

Le premier argument en faveur du port du voile que je souhaite remettre en cause est celui qui consiste à dire, pour le défendre, qu’il n’est pas une obligation prônée par le Coran et qu’il provient même de la tradition chrétienne. Le second argument en faveur du port du voile explique qu’il est une manifestation de la pudeur… Le troisième enfin invoque la laïcité et le droit de porter ce qu’on souhaite sans être inquiété.

Je prends ici le parti de laisser les lecteurs prendre connaissance (ou revoir) certains faits pour se forger une opinion.

J’aimerais donc rappeler que lorsque les grecs conquirent le bassin méditerranéen (vers le 2ème millénaire avant JC et un peu après), certains se heurtèrent à des civilisations où les déesses et les prêtresses étaient des femmes (cf. A l’origine, des femmes déesses), voire les politiques étaient des reines (comme en Afrique du nord) . Que par la suite, une fois installée l’hégémonie grecque depuis des siècles, la démocratie grecque du IVè avant JC maintenait tout de même les femmes avec les esclaves et les enfants loin du droit de vote et de préférence au gynécée dont elles ne sortaient que couvertes. Que le pater familias romain, quelques siècles plus tard, avait droit de vie et de mort sur sa femme et ses enfants. Que dès cette époque, la femme n’a pas d’autre alternative que épouse et mère ou jeune fille vierge (cf Les femmes et le sexe dans la Rome Antique, Virginie Girod, chez Taillandier). Que, dans un contexte aussi contraignant, le message de Jésus a fait beaucoup d’émules parmi les femmes puisqu’il enseignait que les deux âmes sont égales devant dieu. C’était donc un petit progrès pour les femmes. Pour cette raison, les pères de l’Église, ceux qui ont transformé, revu et corrigé le message de Jésus pendant des siècles, sont revenus là-dessus et ont laissé s’exprimer une haine ou une peur des femmes (cf La cité des dames, de Christine de Pizan (stock/MoyenAge) pourtant chrétienne, qui en fait une belle synthèse allégorique), sentiments misogynes hérités de siècles de domination gréco-romaine. Que le Coran, à son tour, a proposé quelques améliorations du sort des femmes mais que certains hommes (des machos misogynes) se sont arrogés le message divin pour finalement revenir à leur obsession : faire taire les femmes.

On constate donc que chez une grande partie des hommes qui accédèrent au pouvoir, et ce depuis des siècles et indépendamment de toute religion, on trouve une peur ancestrale des femmes et la volonté de les faire taire (éliminer 50% des candidats pour un poste, qui n’en rêve pas ?), de les soumettre (il faut se reproduire, qui mieux que leur égale pour s’occuper de la descendance ?), de les cacher (pour qu’elles ne nourrissent pas en leur sein l’enfant d’un autre mâle !!). Certains exigent d’elles depuis au moins 4 millénaires d’être discrètes et de ne pas parler plus fort que leurs hommes, de les aider, de les soutenir, de les regarder avec amour et admiration, certains exigent qu’elles n’attisent pas le désir des autres hommes, par respect pour l’honneur de l’homme, pour l’honneur de la famille. Discrétion, modestie, pudeur. Voilà ce que certains hommes demandent des femmes depuis des centaines d’année, et voilà exactement ce contre quoi les féministes se soulèvent depuis un peu plus d’un siècle… depuis plus longtemps en vérité, depuis le début très certainement.

Oh cela ne concerne pas tous les hommes !! Beaucoup n’ont pas peur des femmes. Beaucoup préfèrent même les voir nues. Parce que faire l’amour, c’est beau et c’est bien, contrairement à ce que d’autres misogynes ont répété aux femmes pendant des siècles, dès fois qu’elles auraient plus de plaisir ou qu’elles en auraient avec d’autres !!

Comment les misogynes ont-ils lutté contre les femmes, pendant des siècles et partout et encore, femmes qui, malgré tout, sont des humains comme les autres et ont beaucoup souffert de ces pressions ? et se sont déjà beaucoup révoltées (L’Assemblée des femmes, Aristophane – Les femmes savantes, Molière) ! C’est très simple, il faut que l’idée vienne d’elles mêmes !! Il suffit de leur expliquer qu’elles sont plus désirables lorsqu’elles sont discrètes, modestes et pudiques ; qu’elles sont aussi plus respectables, qu’elles ne seront point agressées (faux : les femmes voilées subissent tout autant d’agression que les autres, cf le film Les femmes du bus 678, 2010) ; qu’elles remplissent à la perfection leur rôle d’épouse et de mère et que cela est très important pour être une femme accomplie et épanouie.

Et les hommes (les petits mâles macho et misogynes) s’y mettent à plusieurs, par delà les siècle et les frontières : ils vont de l’homme politique qui caquète à l’assemblée nationale française, au législateur musulman qui explique que chacune a le droit de porter ou non le voile, c’est-à-dire d’être pudique ou impudique… en passant par certains philosophes (que pourtant j’admire, mais qui devaient avoir quelques problèmes psychologiques malgré tout : Aristote, Nietzsche « la femme a la profondeur d’une assiette »), en passant par le patron qui rémunère un peu moins cette employée parce que c’est une femme et sans oublier le créateur de mode qui fait défiler des femmes squelettes, ô combien discrètes !

Les féministes en occident se battent contre cela et tâchent de rester vigilantes aujourd’hui encore contre toute atteinte à leur droit, contre tout ce qui commence par « parce que tu es une femme, tu dois…« , contre tout l’essentialisme sexuel (cf Âmes et corps, de Nancy Huston, chez Babel).

Comment, dans ce cas, ne pas être profondément gênée par le port du voile ? non pas parce que c’est musulman (puisque ce n’est pas l’apanage de l’islam cf. Le voile démasqué de Moulay-Bachir BELQAÏD, chez ErickBonnier), non pas parce que c’est leur dieu qui l’a dit et que je suis athée (en effet, peu de femmes musulmanes portent le voile parce qu’elles se prennent pour Jeanne d’Arc et entendent les voix du seigneur), mais tout simplement parce qu’il répond aux attentes du plus médiocre des misogynes : sois discrète, modeste et pudique.

A propos de cette pudeur, mot à mon sens ici dévoyé :  la norme provient d’une moyenne consentie entre plusieurs pratiques diverses et variées : si tout le monde porte du noir, la norme sera de porter du noir. La norme, c’est la majorité. C’est stupide, mais c’est ainsi. Quand une femme porte une jupe qui laisse voir le bas de sa culotte, on ne lui lance pas des pierres, mais on se regarde d’un air entendu : « c’est un peu court non ? » Si un homme dînait torse nu dans un restaurant, on lui demanderait bien de couvrir ce sein que l’on ne saurait voir. C’est ainsi, c’est la norme. Quand une femme se voile en expliquant que c’est par pudeur, elle envoie aux autres femmes le message qu’elles ne sont pas pudiques. Elle fait pencher la norme vers plus de vêtements = plus de pudeur. Or, d’abord, est-ce que la pudeur est seulement une histoire de vêtements ? Les esquimaux sont-ils plus pudiques que les aborigènes ? enfin, est-ce que j’ai envie que l’on finisse par me trouver impudique en décolleté et cheveux dénoués ? non.

Comment, dans ce cas, ne pas interpréter le voile comme une trahison de femmes à femmes ?

Puis je finirai par ce trait constitutif de la civilisation occidentale et qui nous vient des grecs, comme beaucoup de nos traits psychologiques (y compris misogynes) : la vérité se dit en grec a-lêtheia, soit « sans-voile » parce que pour les grecs de l’antiquité archaïque, la vérité, c’est ce qui est découvert et se montre, se voit. Ce sont les yeux qui permettent de distinguer le vrai du faux. Je ne dis pas que c’est bien, que c’est juste, que c’est mieux. Je dis juste que c’est ainsi que nous sommes construits. Mais il y a pire, lêtheia provient de la même racine que Léthée, vous savez, ce fleuve des Enfers qui apporte l’Oubli. Vous êtes morts, on vous couvre de la tête au pied, on vous oublie dans le fleuve du Léthée.

Alors sachant tout cela, bien entendu, loin de moi de prôner l’interdiction du voile en public !! Chacun fait ce qu’il veut, encore heureux ! Mais il faut que chacune sache ce qu’elle porte sur elle quand elle porte un tel symbole en occident et dans une société où le féminisme a cette histoire et cette représentation du voile. Tout le monde porte sur soi des signes distinctifs, tatouage, crête, tee shirt et marques de vêtements hyper visibles ; moi-même, j’ai les cheveux rouges. Tout le monde envoie à son insu ou volontairement des signes qui renseignent sur ce qu’il est !

Bref, il me semble peu envisageable d’être hic et nunc féministe tout en satisfaisant les attentes de la misogynie ancestrale (pas forcément musulmane donc) qui veut que les femmes soient discrètes, modestes et « pudiques ».

Ne confondons pas « pudeur » et quantité de vêtements !

Si l’on revendique la liberté d’afficher sur des vêtements des convictions (idées ou croyances ou goûts !), on ne peut pas refuser à ceux auxquels pourtant cet affichage s’adresse (puisque c’est une extériorisation des idées ou croyances ou goûts) la liberté de s’exprimer en retour.

 

Et si Pythagore avait gagné ?

D’essence divine, et même, de semence supérieure, il fit l’admiration de ses disciples qui, pendant des siècles et jusqu’à nous, dispensèrent sa parole et tout ça, sans écrire une ligne !! De qui s’agit-il ? de Pythagore ! Et si Pythagore avait gagné plutôt que d’autres ?

Pour commencer, nous serions devenus des scientistes avant l’heure, considérant qu’hors le nombre, il n’est rien de connaissable. Nous serions tous d’excellents mathématiciens, sans quoi nous aurions été bannis dans d’autres contrées barbares où les mathématiques n’avaient pas bonne presse… mais alors où ? car non seulement, les dits barbares adoraient les mathématiques ! Mais en sus, les pythagoriciens pensaient que même les barbares avaient une âme : elle était la manifestation de l’harmonie dans la nature, comprenez harmonie au sens d’équilibre entre le pair et l’impair, le limité et l’illimité… bref, les opposés.

En parlant d’opposés, on ne connaît pas de misogynie chez Pythagore. En effet, les femmes aussi ont une âme qui participe du nombre ! Alors si nous étions pythagoriciens et pythagoriciennes, peut-être que les femmes d’aujourd’hui ne se battraient pas pour leur droit : ce ne serait plus un sujet depuis longtemps.

Évidemment, le problème, ce sont les imbéciles fanatiques, comme toujours. Pythagore eut une femme, une disciple, pythonisse, prêtresse d’Apollon, Théanô, originaire de Crète. Ensemble, ils eurent un garçon, Télaugès et une fille, Mya (ou Arignotès, mais c’est assez moche comme prénom, donc optons pour Mya). Cette dernière se maria à Ménon de Crotone et vécut à Crotone (logique), où d’ailleurs son vénérable père vécut lui aussi vingt ans. Et là, ça déconne… les habitants de Crotone, déjà fascinés par la virginité apparemment, comme beaucoup à cette époque et dans le bassin méditerranéen (nous sommes au 6ème siècle avant J.-C., ça part donc de loin) appellent sa maison « sanctuaire de Déméter » (la déesse des moissons), sa rue l’avenue des Muses et elle, tenez-vous bien, la Vierge des vierges, mais aussi la Femme des femmes (mais pas une lesbienne !). C’est-à-dire qu’en vertu de sa vertu, elle était considérée comme plus vierge que les autres et plus femme que les autres. Je vous laisse méditer là-dessus.

Mais revenons aux nombres. Oui, tout le monde connaît le théorème de Pythagore, transmis par Euclide, qui le tient lui-même d’Eudème, qui lui-même prétend le tenir des pythagoriciens… oui, car Pythagore n’a rien écrit, rappelons-le. En revanche, Philolaos, un important pythagoricien et disciple aurait écrit, lui, 3 livres sur la doctrine pythagoricienne, que Platon aurait achetés. Pour se les procurer, il aurait même traversé la mer d’Athènes à l’Italie du sud où les pythagoriciens vivaient. C’est dire si c’était important, mais aussi connu ! Malheureusement, nous n’avons que des fragments des écrits de Philolaos, et nous n’accuserons pas Platon d’avoir voulu se débarrasser de penseurs qui lui auraient fait de l’ombre. Même s’il avait déjà essayé avec d’autres auteurs. Comme Démocrite. Mais chut !

La tradition se poursuit, Platon, Aristote, Aristoxène, un disciple péripatéticien, puis les compilateurs et historiens, néo-pythagoriciens qui proliférèrent comme beaucoup de sectes de toute part dans les quatre siècles autour de 0. Comme de juste, après 7 siècles environ, sans texte de référence fiable (oui, il y a les Vers d’or, dont on sait qu’ils sont parfaitement vérolés), on se souvient soudain de choses parfaitement folles. D’abord, le retour de la vierge, en la personne du nombre 7, ni engendré, ni engendrant, le nombre vierge lui-même et inconçu, parce qu’alliant en lui le pair et l’impair (oui, 3 + 4). Pourquoi 3 + 4, et non pas 3 + 2 ? Parce que si on additionne 1 + 2 + 3 + 4, cela fait 10, le nombre des nombres, la décade intemporelle ! Or 3 et 4 sont la fin de cette suite merveilleuse. Considérez un instant cette beauté. Je vous laisse méditer là-dessus.

Mais cette maîtrise un peu mystique des nombres viendrait des barbares d’Egypte, comme nous le savons tous. Les Égyptiens prétendaient tenir cette science d’Hermès, qu’ils appelaient Thot. Du coup, Pythagore, appelé ainsi parce que la Pythie, une autre prêtresse d’Apollon, avait révélé sa proche naissance à son père venu en consultation, Pythagore serait en réalité le fils d’Hermès ! d’où l’essence divine ! d’où la semence supérieure ! Et de cette ascendance divine, il aurait reçu une cuisse en or, le don d’ubiquité et le souvenir de ses vies antérieures (216 ans, mais n’est-ce pas le minimum pour cumuler le karma d’un Pythagore ?)

Mais après tout, si Pythagore avait gagné, nous trouverions beaucoup de gens pour croire en cette version fantastique des faits, n’est-ce pas ? De même que nous trouverions des gens qui suivraient les préceptes qu’on lui prêta pourtant 6 siècles après sa mort. La preuve : deux siècles seulement après sa mort, des philosophes comme Aristote et ses disciples mettaient déjà en garde contre le degré zéro de recul devant les us et préceptes prétendument pythagoriciens… nous avions déjà un schisme. Ainsi, certains croyaient que les fèves étaient vraiment interdites à la consommation et que Pythagore était végétarien, alors que d’autres se récriaient déjà contre cette fantaisie qui n’avait rien de pythagorique !! Certains croyaient que « Ne pas parler sans lumière » signifiait qu’il fallait se taire dans le noir, que « N’attise pas le feu avec un couteau » signifie que tu pourrais te brûler, imbécile ! que « Ne reste pas assis sur le boisseau » signifie qu’on doit plutôt se poser sur le canapé ou encore que « Ne reçois pas d’hirondelle à la maison » signifie qu’on ne doit pas faire ami-ami avec des oiseaux et encore moins les inviter à dîner.

OK Pythagore n’a pas été persécuté… c’est vrai, il est mort honoré et respecté. Y’a quand même une source qui en doute, mais on va l’étouffer. Cependant, ce fut l’enfer pour ses disciples lorsqu’il quitta, pour un voyage d’étude, sa terre d’élection, l’Italie du sud. Des jaloux, comme Cylon et ses hommes (on peut dire son nom, il ne risque plus rien) fomentèrent contre la secte. Cylon avait cherché à devenir pythagoricien… mais Pythagore lui-même le trouvait trop violent, tumultueux et autoritaire. De rage et de frustration, ses hommes et lui-même poursuivirent, notamment par des incendies, tous les pythagoriciens jusqu’au dernier. Deux réchappèrent et s’enfuirent dans leur ville d’origine, Tarente. Pythagore s’en fut à Métaponte où il finit ses jours. Y’a quand même une source qui prétend que le vénéré maître périt dans les flammes, mais on va l’étouffer. C’est ainsi que la ville de Crotone se trouva avec des fous-furieux à sa tête et périclita. D’ailleurs, qui connaît Crotone aujourd’hui ?

En effet, dans l’ensemble, les pythagoriciens occupaient des postes politiques plutôt importants et faisaient beaucoup pour leur collectivité. Même si Simos a essayé, le pauvre, d’effacer le nom de Pythagore sur une inscription murale, espérant par là s’arroger ses découvertes et son aura… même si Hippase aurait divulgué les secrets de la secte et, comme Judas, se serait ensuite suicidé, regrettant d’avoir tenté de nuire au maître suprême : il se noya. Et puis, comme tout bon politique, Pythagore lui-même fut critiqué. Hérodote, historien contemporain du maître suprême, prétendait qu’il avait tout copié sur les égyptiens. Encore mieux, Héraclite, philosophe contemporain du maître suprême dit (c’est ma préférée) :

« Un savoir universel n’instruit pas l’intellect, sinon il aurait instruit Hésiode et Pythagore »

Alors peut-on dire que le Maître – dont on ne devait pas prononcer le nom… ça vous rappele quelqu’un ? – a totalement échoué quand on enseigne encore son théorème ? 2600 ans de succès pour un morceau de sa doctrine, et quel morceau !! C’est pas si mal ?

Pour le reste des fantaisies qui entourent sa vie et sa doctrine, il fut balayé au début de notre ère par des choses beaucoup plus sérieuses. Je vous laisse méditer là-dessus.

Bientôt :  Et si Mithra avait gagné ? Et si Zarathoustra avait gagné ? Et si Ashera avait gagné (oui, la femme mise au placard de Yahvé) ? Et si Platon et sa République avaient gagné ?

Voir aussi : Et si Hermès Trismégiste avait gagné ?

 

 

à l’origine, des femmes déesses

« Ces idoles du néolithiques, formes féminines fécondes, larges de bassin, heureuses d’enfanter, stade antérieur de la déesse Déméter, la déesse de la Terre et de la Fécondité qu’adoptèrent également les Hellènes. Partout où la science a exploré des grottes, elle a toujours rencontré cette déesse dans les couches les plus profondes, […] les femmes d’aujourd’hui doivent tirer de ce fait une partie de leur fierté et une justification de leurs ambitions, voilà quelque chose qui mérite réflexion. » (Wolf, Cassandre, Stock, 1983-2003, p.92)

On trouve en effet à une certaine époque des déesses féminines qui furent ensuite avalées, amalgamées, assimilées et intégrées dans le panthéon indo-européen qui débarque entre 4000 et 2000 ans avant J.-C.. Le myrte et le lys, fleurs sacrées pour Aphrodite étaient utilisées pour favoriser les accouchements. La colombe, symbole de la déesse de l’Amour, était déjà le symbole d’Eileithya, vieille déesse crétoise, déesse de l’amour, du mariage, de la chasse et de l’agriculture, déesse qui, une fois intégrée au panthéon indo-européen, se disloque en Aphrodite, Héra, Artémis et Déméter. Eileithya trouverait son origine en Anatolie, où elle se nomme Cybèle. L’Aphrodite hittite est Astarté, l’assyrienne est Melitta.

Toutes seront considérées par le judaïsme, le christianisme et l’islam comme des compagnes du diable. Astarté, Ishtar est même le nom d’un diable (d’une diablesse), comme Belzébuth, le surnom caricature de Baal, nom du / d’un diable, dieu concurrent de Yahvé dans le judaïsme primitif.

Mais les vieilles déesses mères n’ont pas attendu les religions du livre pour être avalées et la figure de l’Apollon Lycée (mettre un lien renvoyant à l’article ci-dessous), oriental et proche d’un culte solaire, l’Apollon qui s’est emparé de l’oracle de Delphes en tuant le gardien, le serpent Python pourrait être une trace symbolique dans la mythologie de cette substitution. Désormais les pythonisses sont des prêtresse d’Apollon et rendent ses oracles. On retrouve cependant cette figure du serpent qu’il faut tuer : Hercule à sa naissance tue les serpents déposés dans son lit par… Héra !

Elles présentaient pourtant la panoplie complète (Wolf, Cassandre, Stock, 1983-2003, p.213)

Voici la trinité des anciennes déesses mères

– la claire jeune fille chassant dans les airs (Artémis)

– la déesse femme, dispensant la fécondité, régnant sur la terre et sur la mer, une divinité érotique (Déméter, Aphrodite, Héra, qui s’appelait avant Era = Terre, dont les autres noms sont Gaia et Rhéa : la Grande Mère de la Terre en Crète et au Proche-Orient)

– la vieillarde qui habite dans le monde souterrain, la déesse de la Mort, à qui on doit aussi la renaissance (Io, la déesse vache, un aspect d’Héra, et bien sûr Hécate-Hécube).

Alors que s’est-il passé ?