à l’origine, des femmes déesses

« Ces idoles du néolithiques, formes féminines fécondes, larges de bassin, heureuses d’enfanter, stade antérieur de la déesse Déméter, la déesse de la Terre et de la Fécondité qu’adoptèrent également les Hellènes. Partout où la science a exploré des grottes, elle a toujours rencontré cette déesse dans les couches les plus profondes, […] les femmes d’aujourd’hui doivent tirer de ce fait une partie de leur fierté et une justification de leurs ambitions, voilà quelque chose qui mérite réflexion. » (Wolf, Cassandre, Stock, 1983-2003, p.92)

On trouve en effet à une certaine époque des déesses féminines qui furent ensuite avalées, amalgamées, assimilées et intégrées dans le panthéon indo-européen qui débarque entre 4000 et 2000 ans avant J.-C.. Le myrte et le lys, fleurs sacrées pour Aphrodite étaient utilisées pour favoriser les accouchements. La colombe, symbole de la déesse de l’Amour, était déjà le symbole d’Eileithya, vieille déesse crétoise, déesse de l’amour, du mariage, de la chasse et de l’agriculture, déesse qui, une fois intégrée au panthéon indo-européen, se disloque en Aphrodite, Héra, Artémis et Déméter. Eileithya trouverait son origine en Anatolie, où elle se nomme Cybèle. L’Aphrodite hittite est Astarté, l’assyrienne est Melitta.

Toutes seront considérées par le judaïsme, le christianisme et l’islam comme des compagnes du diable. Astarté, Ishtar est même le nom d’un diable (d’une diablesse), comme Belzébuth, le surnom caricature de Baal, nom du / d’un diable, dieu concurrent de Yahvé dans le judaïsme primitif.

Mais les vieilles déesses mères n’ont pas attendu les religions du livre pour être avalées et la figure de l’Apollon Lycée (mettre un lien renvoyant à l’article ci-dessous), oriental et proche d’un culte solaire, l’Apollon qui s’est emparé de l’oracle de Delphes en tuant le gardien, le serpent Python pourrait être une trace symbolique dans la mythologie de cette substitution. Désormais les pythonisses sont des prêtresse d’Apollon et rendent ses oracles. On retrouve cependant cette figure du serpent qu’il faut tuer : Hercule à sa naissance tue les serpents déposés dans son lit par… Héra !

Elles présentaient pourtant la panoplie complète (Wolf, Cassandre, Stock, 1983-2003, p.213)

Voici la trinité des anciennes déesses mères

– la claire jeune fille chassant dans les airs (Artémis)

– la déesse femme, dispensant la fécondité, régnant sur la terre et sur la mer, une divinité érotique (Déméter, Aphrodite, Héra, qui s’appelait avant Era = Terre, dont les autres noms sont Gaia et Rhéa : la Grande Mère de la Terre en Crète et au Proche-Orient)

– la vieillarde qui habite dans le monde souterrain, la déesse de la Mort, à qui on doit aussi la renaissance (Io, la déesse vache, un aspect d’Héra, et bien sûr Hécate-Hécube).

Alors que s’est-il passé ?

Publié par

laetitia

Écrivain, formation en Lettres Classiques et Docteur en linguistique, prof de communication et de FLE, je souhaite ici mettre à disposition de tous des cours, des avis et Compte-rendu de lecture, des extraits de mes romans, des articles de linguistique, des recherches en mythologie et religion…

2 réflexions au sujet de « à l’origine, des femmes déesses »

  1. Bonjour,
    Si vous cherchez la Femme dans l’histoire vous ne la trouverez pas, ou, si vous la trouvez, ce sera la Femme telle que l’homme, en général, la veut.
    Cependant, en cherchant, on fini par la trouver et la rencontrer sur le chemin qui mène à la Vérité.
    Cordialement.

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