Dans ce livre, il ne sera pas question d’anarchie. Lordon plante le décor et nous fait un peu d’étymologie… L’anarchie devrait s’appeler « a-cratie », « conformément à sa visée d’un monde sans pouvoir ni domination ». (11). Oui, car CRATIE, c’est le pouvoir et la domination. Tandis que ARCHIE, c’est en fait le fondement, le principe fondateur, l’origine, le commencement… La condition anarchique que nous condivisons, pauvres mortels, avec Lordon, l’an-arkhè, c’est d’être au monde sans fondement, sans raison, sans connaître l’origine, la valeur, le sens de sa vie… c’est l’absurde de Camus – Lordon s’y réfère plusieurs fois.
« Mais il faut commencer par le commencement », dit-il non sans ironie (11)
Quel est le Projet du livre (12) ? Nous déprimer ?
Si Durkheim proposait que l’on constituât [le style Lordon est contagieux] la science sociale comme théorie générale de la valeur, Lordon propose, lui, de
poursuivre ou continuer ce « mouvement », avec les moyens conceptuels du spinozisme (12) puisque Spinoza, comme de par hasard, développe une théorie de la valeur.
Lordon constate l’absurde : « le vide de la condition anarchique, l’incertitude axiologique de tout : des valeurs, des œuvres, de soi et des personnes également. Si tout est interrogeable, c’est que rien n’est sûr. » (16) et propose d’examiner les tenants et les aboutissants de l’axiomachie qui est son inévitable camarade.
Bien sûr, il aborde longuement la valeur-travail… et s’appuie là explicitement sur le travail de Bernard Friot. Ici à partir de 40 mn.
Passage au sujet de Bernard Friot, ici expliqué
à 40’
Mais comme Lordon est amoureux de Spinoza, il s’y plonge. Quel est le problème ?
« Le problème : le monde est insignifiant, les objets sont mutiques. La solution : c’est nous qui faisons parler le monde, et voilà pourquoi il nous est sensé. Nous le faisons parler par nos investissements passionnels. Nos joies, nos tristesses, colorent les objets d’amour ou de haine, d’attraction ou de répulsion. Donc du désir de poursuivre ou de les éloigner. Les voilà dotés de valeur. » Et pour la création de valeurs communes « la société est un affect commun ; ce sont des affects communs qui font être la société comme société. C’est là le cœur de la pensée politique de Spinoza. » (45)
[Parenthèse : qu’est-ce que l’affect ? « être affecté, c’est inséparablement enregistrer un effet dans son corps » 46]
Ou pour le dire autrement « Il n’y a aucune vie dans les choses, tout particulièrement dans les choses marchandes, il n’y a de vie que dans et par les autres hommes, dans et par la société, c’est pourquoi la perte de leur contact conduit immanquablement à l’effondrement vital. » (156)
OK les choses n’ont aucune valeur en elles-mêmes. C’est ça, la condition anarchique. Les choses n’ont de valeur que parce qu’on les désire.
Le problème, c’est QUI décide ? Qui règle les désirs ? « Loin donc, que le désir se règle sur des valeurs donnés, préexistantes, qu’il n’aurait plus pour ainsi dire qu’à re-connaître, c’est lui-même, par ses investissements, qui est l’instituteur de la valeur. » (21)
Oui, mais vous me direz… e
t l’évolution ? C’est l’évolution, c’est par l’histoire qu’on explique que ceci a davantage de valeur que cela ? Ah oui, mais lequel ? Connaît-on cette origine avec certitude ? Non. Il y a peut-être un début, mais il n’est pas connaissable (25) : c’est l’anarchie ! Pas de commencement. Néanmoins, quelque chose s’est inlassablement poursuivi et perpétré, avec des évolutions et des changements d’orientations, par l’imitation sociale. Parfois, on ne sait pas pourquoi les hommes ont fait de tels choix, et Pascal d’asséner : « Parce qu’il a plu aux hommes ! » (45)
« Ce sont donc les imaginations (Pascal), des croyances ou des opinions (Durkheim), des affects, ou plutôt des idées affects (Spinoza) qui viennent trancher dans l’indifférencié de la condition anarchique. Et, par construction, tout ce qu’élira l’affect du « plaire aux hommes » fera l’affaire. » (47)
Cela donne une impression d’arbitraire et de sans concession. Le hasard ou le déterminisme joue ici le même rôle. Lordon cite Pascal [encore]
: « Ne vous imaginez pas que ce soit par un moindre hasard que vous possédez les richesses dont vous vous trouvez maître, que celui par lequel cet homme se trouvait roi. » Seule la contingence des investissements de la potentia multitudinis est ici souveraine. (49) Il n’y a pas de héros causa sui. » (63)
Reprenons : Chez Marx, la valeur, c’est le travail. Or, Lordon pense que les marxistes font erreur. « La valeur ne s’établit pas dans la substance du temps de travail abstrait, mais dans la convergence du désir. » (114) « Il est bien certain en effet que, du côté des acheteurs, le prix donne une mesure de l’intensité du désir – une mesure exacte quand il est un prix d’enchère, une borne inférieure dans une situation de prix fixe. » (113)
Ce qui fixe la valeur, c’est le désir, même si ce désir est créé de toutes pièces par des décideurs, des prescripteurs [=des gens puissants, des gens à la mode].
Ce n’est pas comme en amour ou en amitié [Lordon ouvre une tendre parenthèse], où en principe, rien ne se monnaie explicitement… : « Timesis [Timesis signifie estimation, évaluation, en grec] est le nom que peut prendre l’ensemble des opérations par lesquelles on formule des jugements d’équivalence sans mesurer, on évalue sans calculer, et ceci notamment dans des relations, comme l’amour ou l’amitié, qui ne doivent leur viabilité qu’à la prohibition impérative de toute métrique explicite. » (77) [en clair, où il est absolument interdit de tenir un cahier de compte de ce qui est fait pour l’autre, comparativement à ce que l’autre a fait pour nous]. [Notez au passage le style inimitablement juste un peu cuistre de Lordon…]
Oui, les bons comptes (muets) font les bons amis…
Arrivons à l’argent alors… La dématérialisation a empiré le processus : « la dématérialisation des signes monétaires a atteint un stade qui a rompu avec toute caractéristique substantielle d’objet. » (99) Pour l’argent et pour que l’argent s’auto-augmente, il lui faut […] une série de portage, en réalité indifférencié. (82) « le capitalisme est cette formation sociale, historique, où un nombre immense de choses se laissent abréger sous l’argent. » (84) [Ici, je ne peux m’empêcher de mettre cette réflexion en relation avec ce que dit Christine Delphy sur le travail domestique [elle est hyper drôle] ou avec ce que j’en remarquais dans l’article précédent, sur les femmes en Mésopotamie]
Mais retour à l’axiomachie. Puisque « rien ne vaut, tout est valorisé » (119), Lordon nous invite à examiner le combat pour les valeurs, l’axiomachie. Comment attribuer la valeur et qui l’attribue ? Comment se gagne le pouvoir d’affecter de la valeur ? « Tous les champs tournent autour de l’enjeu d’ « en être » ou pas – du champ lui-même et de ses plus hautes positions -, c’est-à-dire de prétentions à la valeur instituée par le champ. Les luttes qui s’y déroulent sont des luttes véridictionnelles : on se bat à coups d’assertions. » (CF Pascal au-dessus)
[Véridictionnel signifie « qui dit la vérité… »]
Un prix Nobel (exemple 121-122) peut bénéficier d’être auréolé du pouvoir de dire… il a l’autorité pour lui. « Pour que la véridiction fonctionne comme assertion sociale, comme proposition discursive privée mais socialement validée, le locuteur doit ajouter une puissance d’échelle sociale – faute de quoi il est un locuteur comme les autres, et son assertion n’ira pas au-delà de son rayon d’action individuel. » (122) Et là, je me demande quid de la science ? Continuons…
Selon les prescripteurs, les donneurs d’ordre, la mode… l’affection de la valeur peut relever de la politique. Pourtant « Qu’elles passent ou non par l’État, les luttes véridictionnelles sont des luttes argumentatives, spécialement du côté des dominés qui doivent abondamment tenir discours, là où les dominants ont pour eux le fait axiologique accompli, la force d’inertie de leurs valeurs installées. » (126)
Ce sont donc des luttes argumentatives, OK mais à coup de … preuves scientifiques ? On dirait que Lordon ne parle et ne pense qu’aux arguments d’autorité ? Il parle d’ailleurs de « la forme assertive brute » (Re-CF Pascal)
D’où tu parles ?
Et en effet, Lordon s’engage dans le « d’où tu parles » : c’est ce qui va soutenir la parole d’autorité ou non « La véridiction n’est pas affaire de choses dites, elle est affaire de qui les dit, et des auras sociales qui nimbent ceux qui les disent » (133) Il cite Spinoza à l’appui (134) (TP, VII, 27), passage qui aurait inspiré Bourdieu (Leçon sur la Leçon, Paris, Minuit, 1982).
Les personnes moins instruites ou provenant de milieux défavorisés se censureraient d’eux-mêmes. Néanmoins, les réseaux sociaux semblent aujourd’hui bouleverser la hiérarchie ancestrale.
Il y a pourtant une véritable lutte véridictionnelle…
« Les réseaux sociaux se présentent maintenant comme l’espace de l’axiomachie générale, le lieu de toutes les batailles véridictionnelles, quel que soit leur objet, ouvert à tous ceux qui estiment avoir en cette matière une proposition à formuler. » (141) Les Youtubeurs, suivant le même procédé, s’autorisent eux-mêmes à se prononcer sur tout type de sujet. Ce n’est pas une crise de l’autorité ! « en effet, puisque de nouveaux autorisés ont pris la relève. De quoi s’autorisent-ils ? Mais toujours de la même ressource : d’une captation réussie de puissance de la multitude, de la convergence sur eux des regards, c’est-à-dire d’un affect commun. » (142)

« Tout le monde a bien compris que les réseaux sociaux élargissaient sans limite, du moins formellement, l’accès à la compétition pour la reconnaissance. » (143)
La science ?
On peut avoir une idée du statut de la science là-dedans (Lordon s’appuie sur Paul Veyne, Les Grecs ont-ils cru à leur mythe ?) : « D’Hésiode qui « sait qu’on le croira [et] est le premier à croire tout ce qui lui passe par la tête » à Einstein ou, dit Veyne, aux bactériologistes que nous croyons sur parole sans disposer nous-mêmes du premier savoir bactériologique de première main, il se produit une transformation de régime de l’autorité. Celle-ci migre auprès d’instances « spécialisées », socialement reconnues comme telles. » (138) [comprendre : les institutions]
OK, donc de démarche scientifique, point n’est question… et pourtant…
Lordon se demande comment conjurer l’anarchie : vous serez surpris de sa réponse.
D’abord, il y a le groupe. « Heureusement, par construction, derrière les valeurs communes, il y a l’affect commun. Les individus ne sont donc pas laissés à composer chacun par-devers soi avec les apories de la condition anarchique. » (181)
« Parce même chez l’individu humain, le conatus n’est en aucun cas un fait de conscience ou de volonté : il est un dynamisme du corps. Ensuite parce que l’individu humain n’a aucun monopole sur la catégorie d’individu : l’univers entier est une gigantesque hiérarchie de l’individualité composée. » Lordon lâche le mot « c’est que tout « individu » est notoirement divis – l’individu humain comme les autres. » (164) Attention Lordon est plutôt déterministe : « Bien sûr, ex nihilo nihil : si, rigoureusement parlant, il n’y avait rien – rien que des individus radicalement indéterminés -, quelle que soit la forme de leurs interactions, il n’en sortirait rien. » (207)
Ensuite, il y a les institutions [comprendre : l’État]. Enfin, il y a les effets de modes… On se tourne les uns vers les autres : et toi, qu’est-ce que tu en penses ? Retour au pouvoir du plus grand nombre.
Mais comment se débarrasser de cette colle et y voir clair ? Qu’en disait Spinoza ?
Car Spinoza n’était pas relativiste (222). Il posait deux régimes de la valeur : 1) les affects passifs et 2) le bien véritable…
Mais d’une part, les affects changent selon les gens… « Des hommes différents peuvent être affectés par un seul et même objet de manière différente » (Eth., III, 51).
En effet, qui décide de ce qui est beau ? Selon la culture, le milieu… tous ne sont pas réceptifs. Et Bourdieu, et Pascal sont appelés à la rescousse bien sûr.
Et d’autre part, le « vrai » bien… c’est difficile à atteindre. « Ou plutôt son universalité » (251) L’universalisme marxiste a échoué… Et que ferait Spinoza si on lui opposait l’inévitable pluralité des universels ? Il a déjà eu à répondre à telle objection « Je ne prétends pas avoir trouvé la philosophie la meilleure, mais je sais que j’ai connaissance de la vraie. » (252)
Et contre toute attente, l’issue inespérée, c’est la voie de la raison !
Mais « la seule chose qui vaille, ou peut-être faudrait-il dire qui méta-vaille, c’est la règle de vie offerte par la raison. Car seule [sic] les valeurs imaginaires et le nuage des passions qui tournent autour font disconvenir les hommes entre eux… » (226) […] Dans cet amoncellement de faux objets, et de vraies désorientations, la raison s’impose comme l’unique source de convenance nécessaire puisque non seulement elle offre une joie en soi inaltérable, mais elle ne peut être l’objet d’aucune lutte d’appropriation exclusive. »
« Placer sa vie sous la conduite de la raison, c’est atteindre, par le troisième genre de connaissance, la plus haute satisfaction de l’esprit qu’il puisse y avoir » (Eth. V, 27), une joie stable, inaltérable même, en fait l’expérience d’une « certaine espèce d’éternité » et cela est vrai. (253) Mais il n’est pas simple d’y parvenir, et en attendant, nous sommes condamnés à errer dans les caprices des foules prescriptrices de valeurs… les vagues et les ouragans [C’est une métaphore que Lordon tire de Faulkner (266)].
Oui, c’est difficile, et d’ailleurs, même Spinoza abandonne !
Dixit Spinoza : « En vérité, ce n’est pas sans raison que j’ai usé de ces mots : si seulement je pouvais m’engager sérieusement. En effet, si clairement que mon esprit perçût cela, je ne pouvais cependant me dépouiller totalement de la cupidité, du plaisir et de la gloire » (268)
Mais cela rend Spinoza plus humain à nos yeux et préserve Lordon d’une adoration sans borne qu’on pourrait lui soupçonner s’il ne s’en était par avance défendu « Cette faillibilité le rend-elle plus humain, en tout cas, nous sauve-t-elle de l’adoration » (229), dit-il.
Mais parle pour toi hé… Ni dieu ni maître ici.
[PS : je ne suis ni anarchiste, ni libertaire]
Alors, sans grande surprise, tandis que les humains mâles étaient déjà plutôt des hommes du bâtiment ou du régiment, qui allaient régulièrement emmerder le voisin pour lui prendre sa terre ou ses biens, ou encore pour lui vendre sa camelote(1), mesdames restaient au chaud et s’occupaient des choses importantes de la vie : toute la maison et toute la famille. Entretien, habillement, alimentation, gestion des stocks… mais également, rejetons divers et variés et personnes âgées (la belle-mère… ou les belles-mères). Pas mal non ?
Dans le formidable livre 
Plus on monte dans les sphères, plus est prégnante la bipartition « fonctionnelle » qui consacre les femmes à l’économie domestique. Plus on est pauvre, plus les femmes doivent travailler. Mais l’argent gagné ne leur revient pas.
Par exemple, dans les codes de Lois d’Hammurabi (1769) – un célèbre roi Babylonien – ou les lois médio-assyriennes (XIVè av JC), les femmes sont considérées comme des « mineures » légales, mais elles ont des droits, qui sont mentionnés et sauvegardés. (Cf Femmes, droit et justice dans l’Antiquité orientale. Contribution à l’étude du droit pénal au Proche-Orient, Fribourg, Academic Press, Sophie Démare-Lafont 1999)
Dans d’autres pays, on brûle les veuves… c’est le rite du Sati.


« Je suis un modéré de gauche – en termes américains, un « libéral ». Pour cette raison, je veux indiquer clairement à mes lecteurs français ce que ce livre n’est pas. Ce n’est pas un livre contre le multiculturalisme, lequel est un fait social dans tous les pays occidentaux. Ce n’est pas non plus un livre contre le communautarisme, sur quoi les expériences américaines et européennes sont très différentes. Et ce n’est pas un livre contre l’immigration, même s’il ouvre des pistes de réflexion. Ce livre défend un certain républicanisme, la forme la plus digne et éclairée de la démocratie moderne. » (10-11)
Mark Lilla en veut surtout aux universitaires, dont il fait partie et qu’il dit bien connaître, de par le fait… Ces derniers auraient dû « enseigner aux jeunes gens qu’ils partagent un destin avec tous leurs concitoyens, et qu’ils ont envers eux des devoirs. Au lieu de quoi, ils ont incité les étudiants à être les spéléologues de leur propre identité et en ont fait des êtres sans aucune curiosité pour le monde extérieur. » (74)
Les hommes et les femmes de ces nouvelles banlieues vendues comme des promotions sociales, se sont finalement sentis aliénés par un système qui en fait des machines à travailler et à consommer. Est alors montée la peur d’être englouti par la société de masse… « C’est l’âge de la crise identitaire, formule inventée au début des année 1950 par le psychologue allemand Erik Erikson pour décrire un état très répandu. » (83)
Dans ces banlieues, on assiste à un déferlement inédit du romantisme politique dans les années 60. Autour du slogan « le privé est politique » (81) selon les mots d’Emerson, qui prétend également « Partout la société conspire contre l’humaine nature de chacun de ses membres ». (84) Tout est dit. Une pensée complotiste assumée.
Pour être bien de son avis sur de larges pans de son livre, je ne pourrai toutefois pas m’associer avec des anti IVG… ni renoncer à un idéal universaliste au nom du respect temporaire que l’on devrait à un multiculturalisme teintée de croyances diverses, louées parfois au seul mérite de leur ancienneté… bref, à la fin du livre, je nous trouve globalement mondialement mal barrés.



Un autre exemple. La bible abrite deux versions du recensement commandité par David. Dans l’une (Livre II, Samuel, 24), il ne fait qu’obéir à son dieu, mais dans l’autre, il obéit au diable (Chroniques livre I, 21).
Pourquoi ? Thomas Römer, que l’on voit ici dessiné 🙂 explique : « Cela montre justement que l’on voulait laisser à l’intérieur de la Bible une diversité de points de vue mais aussi permettre à ses auditeurs et lecteurs de se faire leur propre opinion ou interprétation. » (p.16)
une vraie bibliothèque.

Cet auteur a beaucoup souffert de n’être pas suffisamment
reconnue. Elle était pourtant longtemps publiée chez Gallimard. Après avoir été institutrice, elle est entrée au service de bourgeois. Chez
Ernaux ? Même la Princesse de Clèves est jugée comme trop hors du temps et difficile par certains incultes… pardon, hommes politiques. Et ne parlons pas de
Mais toutefois, il m’est arrivé d’être prise par le récit et surprise par les procédés littéraires de narration de quelques-uns, comme le Moineau de dieu, lu il y a longtemps. Comme également Thinking Eternity cette fois-ci.
Diane E. [la sœur], a mis au point un double cybernétique d’une formidable intelligence et qui répond au prénom d’Artémis – double grec de Diane. On retrouve d’ailleurs les dieux grecs dans les enfants qu’elle aura plus tard – Apollon et Athéna – car ce livre nous permet de suivre les personnages sur plusieurs années, jusqu’à la fin en somme.
J’écrirai moi-même un roman axé uniquement sur cela un jour, et ce sera sanglant.
Mais que des athées se rassurent, voici comment, au termes d’analyses et de détours passionnants, il résume l’histoire en question…
Ces logements plutôt insalubres et dangereux étaient peut-être même très onéreux car
C’est Hadrien, « comme tous les bons empereurs, antisémite et antichrétien » (530), qui fait interdire la circoncision et encourage l’apostasie. Sous son règne, « La région a cessé de s’appeler Judée pour prendre le nom de Palestine, en référence aux plus anciens ennemis des Juifs, les Philistins – habitants de la bande Gaza que les Juifs, à vrai dire, avaient commencé à déloger. »
Les injustices, ceux que « cela scandalise, sont tout simplement, comme le pensent Nietzsche et Limonov, des gens qui n’aiment pas la vie ? » […] l’idée que dans le Royaume, qui n’est certainement pas l’au-delà mais la réalité de la réalité, le plus petit est le plus grand. […] « L’homme qui se juge supérieur, inférieur ou même égale à un autre homme ne comprend pas la réalité ». (617)